|
|||
|
Samedi 10 juillet 2010, 10h
Les cannes sont dispersées aux quatre coins de l’étang, tant en bordure qu’au large… Les premiers bips nous font frémir mais restent sans suite, Mathieu s’affaire pour tenter de piquer un beau brochet, Bryan s’y essayera aussi mais sans grand succès non plus.Un peu plus tard , le premier vrai départ survient et c’est le branle bas de combat, tout le monde se retrouve autour de l’heureux élu… j’assigne à chacun une tâche pour que tout se déroule sans accroc et sans casse de matériel… Tout le monde est très concentré et chacun s’affaire à sa mission du mieux qu’il peut…
Le poisson se bat bien et les novices sont impressionnés par la défense du poisson, l’épuisette glisse dans l’eau, le matelas est bien mouillé, le sac de pesée est en place cela paraît tellement facile lorsque l’on est plusieurs… J’explique que le poisson doit aller à l’épuisette et pas le contraire, et surtout, elle doit rester immergée… Le poisson se présente bien et se fait emmailloté au premier passage, chacun est prêt à recevoir la belle ? Les gestes sont simples, clairs et précis, deux choses essentielles sont mises en avant, la protection du poisson et du matériel.
Le poisson ne doit pas être mis de quelque façon que ce soit en danger, de par une manipulation approximative ou un matériel mal utilisé, tout cela doit faire partie des bases et pas seulement le fait de savoir combattre un poisson, qui nécessite aussi un apprentissage à part entière…
Chaque geste est décortiqué, analysé, observé, et chacun veut s’essayer à de nouveaux gestes et les plus aguerris (pas forcément les plus vieux) montrent la voie aux novices et même si peu d’entre eux attraperont le virus au même niveau que moi, on sent un réel respect … Le soleil chasse doucement son voile brumeux et nous procure une douce chaleur qui, petit à petit, deviendra de plus en plus lourde mais cela n’empêchera pas les poissons de mordre avec un féroce appétit, cela permettra de partager les départs et de surveiller que les conseils prodigués sont bien suivis… écaillée, miroir, linéaire, toutes les sortes sont passées en revue. Une tâche fera frémir Bryan avec son vert si caractéristique et ses yeux rouges oranges, les départs se font exclusivement aux abords de l’île sur mes cannes dans 80 cm d’eau… Etrange mais tant que ça mord.. le partage fera le reste… Bientôt midi et j’envoie les jeunes faire chauffer le barbecue, les carpes nous laisseront profiter de la douceur de la partie ombragée et du bienfait d’un bon barbecue et d’une boisson fraîche. Nous avons déplacé les cannes afin d’être plus proches du barbecue, surtout pour montrer qu’il faut rester vigilant et près des cannes afin de garantir la sécurité du poisson et ainsi de ne pas le laisser s’enchevêtrer dans les racines ou les branches toutes proches… En cet après-midi, le rythme des départs ne faiblit pas et tout le monde reste à la fête. Bryan ouvre le bal par une petite commune furieuse qui lui confirme le bon placement de sa canne !
Quelle joie de ressentir cette simplicité du débutant qui s’émerveille devant la beauté d’un poisson et non pas devant la graduation d’un peson… La recherche du poids n’a pas lieu d’être ici, même si un beau poisson ne dépareille pas, il existe tout de même une rivalité (dire le contraire serait mentir) entre Mathieu (mon fils) et moi, mais cela reste un travail d’équipe car souvent un choisi l’appât, le second place la canne, ensuite le premier récolte le départ et l’équipier aide à épuiser…
La joie reste collective car lorsque je regarde les photos et les sourires, je ne peux m’empêcher de me dire "quelle sacrée journée"… Bryan doit nous quitter pour des impératifs professionnels ( oui même à 17 ans ça bosse déjà) et petit à petit je rassemble aussi mes affaires pour rentrer voir l’apothéose de la coupe du monde de football (ha la difficulté de combiner deux passions sur pied d’égalité) qui n’a lieu que tous les quatre ans, mais une pêche comme celle-ci est tellement riche en émotions et souvenirs que cette finale me paraît après coup bien désuète…
On se dit que parfois à force de se prendre la tête avec des choses insignifiantes on passe à côté des choses simples et essentielles à notre équilibre… |